“La Valse des Éphémères” de Virginie Lloyd

4e de couverture:

Eliott et Gabrielle vivent leur vie de gosses des quartiers populaires. Petits boulots, coups tordus et rêves éphémères.
Alexander Clayton, entomologiste passionné et solitaire, tente de renouer avec le monde qui l’entoure.
Mais dans le Paris surveillé par des flics enragés et une justice prédatrice, leur monde est sur le point de se faire écraser.
Dès lors, les instincts se révèlent. D’un côté la loi. De l’autre, ceux qui n’ont plus rien à perdre.

Supporteriez-vous de vivre dans un pays où la pauvreté est un crime?

RDV à Paris à l’orée des années 1900…

Mon avis:

La première chose que je tiens à dire, c’est que ce livre est l’un des meilleurs que j’ai pu lire ces dernières années ! Et je pèse mes mots.

J’ai pu lire des commentaires disant que ce livre était « plus qu’un coup de cœur » et j’ai voulu me rendre compte par moi-même et aussi parce que je suis très friande de livres où l’Histoire tient une grande place, parce que j’aime apprendre en lisant… Et je dois dire que j’ai vraiment fait quelque chose d’excellent en achetant ce livre (délicieusement dédicacé et accompagné de petits goodies sympas par une auteure qui est une personne vraiment adorable et pétillante et qui donne du peps au monde du Livre des auteurs indépendants, et cela fait beaucoup de bien !).

Un roman sombre certes, où notre capitale (Paris et la France du début du XXè siècle à travers elle) nous dévoile sa face répugnante et ses injustices, mais c’est aussi un ouvrage d’une puissance poétique incontestable!

La noirceur est décrite avec une grâce et une lumière qui ne fait pourtant pas oublier qu’elle est sordide.

La terreur qui transpire dans les ruelles et happe des enfants qui n’ont commis que le crime de mendier ou voler pour un morceau de pain, Virginie Lloyd la décrit avec des mots justes et graves, mais ses phrases ont ce velours qui atteint le cœur pour mieux nous placer devant la troublante réalité. Les sentiments qui relient les personnages les uns aux autres, Eliott, Gabrielle, Alexander, Block (le chien) en particulier (et la musique aussi, Eliott est violoniste…) sont comme un fil d’Ariane qui nous autorise l’espoir. Jamais leur volonté, mue par une affection sans faille, ne se tarit devant les épreuves.

J’ai glissé sur ces pages poignantes où le sort d’enfants se jouait sur un simple verdict de juges, sourds à toute défense. Je me suis surprise à enrager devant la justice implacable de ce début de XXe siècle. J’ai senti mon cœur battre en imaginant ces enfants dont l’amour n’a jamais pris une seule ride tout au long des années. 

Je redirais encore que ce livre est un long poème tant l’écriture de Virginie est magnifique, même dans les moments les plus terribles ( Un petit extrait : « Dans la rue d’Orchampt, les chiens crachent leurs aboiements dans les oreilles de Gabrielle et d’Eliott… Au bout de la rue, un agent écarte la main et, entre ses doigts, laisse glisser la laisse qui retient son chien … Le molosse se précipite et se régale déjà de ces nuques qui vont s’offrir à lui. Il saute sur un jeune garçon dont les cris arrosent la nuit. Ce soir, le chien de flic mord dans la chair d’un gamin et demain, sur le pavé silencieux, un chien errant viendra lécher le sang des innocents. Il ne restera plus que de tristes débris de liberté »…

Je dirais que ce livre est un véritable hommage rendu à ceux dont on a injustement brisé la vie à jamais.

Je n’ai pas lu les autres livres de Virginie Lloyd, je l’avoue, (et je lui demande de me pardonner), mais La Valse des Éphémères est l’un de mes livres préférés, celui qui marque, celui dont le titre ne s’efface pas dans les méandres de la mémoire.

Quoi ? Vous ne l’avez pas encore lu ? Mais courrez-y, malheureux !!

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Cet article a 2 commentaires

  1. Virginie Lloyd

    Merci infiniment pour ce retour de lecture. C’est tellement touchant.

    1. Dominique Guenin

      Merci à toi Virginie.
      Ce livre est aussi une belle – quoique difficile – leçon d’histoire…

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